Découvrez un pan de l'histoire de la traite des fourrures au Canada en amont du fleuve Nelson

Publié : 16 avril 2025 | Auteure : Breanne Sewards | Temps de lecture estimé : 6 minutes

Toujours en manque de plein air? À la recherche de la prochaine aventure palpitante?

Vue de l'usine de York

Si vous vous tardez de sortir des sentiers battus et de découvrir des destinations de voyage rares et peu fréquentées, voici un des joyaux cachés à voir au Manitoba : le fleuve Nelson et l'historique York Factory. Un voyage en compagnie de Nelson River Adventures conjugue l'histoire et l'exploration du plein air, et fait découvrir aux aventuriers dans l'âme un endroit où peu de gens osent aller.

Le départ

Notre itinéraire à destination du lieu historique national York Factory prévoyait un premier arrêt dans la petite ville nordique de Gillam. Dans cette ville connue principalement comme plaque tournante de Manitoba Hydro et célèbre pour ses énormes barrages hydroélectriques, on trouve des travailleurs, des gens du coin et, à l'occasion, des amateurs de grandes aventures. Pour arriver dans cette ville, nous avons fait un vol rapide de deux heures depuis Winnipeg et pris un taxi de l'aéroport, un trajet qui a pris deux minutes. On sait qu'on est dans une petite ville quand le propriétaire de la seule compagnie de taxi est aussi propriétaire du restaurant et du bar.

Le lendemain matin, nous avons été accueillis par Clint Sawchuck, propriétaire-exploitant de Nelson River Adventures. Nos sacs à déjeuner en main, nous nous sommes entassés dans la spacieuse camionnette et avons roulé 40 minutes jusqu'à la rampe de mise à l'eau. Clint était notre guide pour la journée, avec son acolyte Grizz. Le bateau était propre et spacieux, et nous avons pu prendre place à l'arrière et regarder le paysage défiler. Nous avons croisé des ponts abandonnés depuis belle lurette, des dragues, d'immenses parois rocheuses, des kilomètres de rivages boisés et même des rapides que nous avons traversés le cœur battant.

Un bateau sur un lac près d'une rive sablonneuse et boisée, avec une vue dégagée sur la colline.
Bateau rustique de traite des fourrures partiellement submergé au bord de l'eau, présentant une dégradation naturelle et une importance historique.

Comme le trajet prenait trois heures à l'aller et au retour, nous nous sommes assis aux côtés de Clint chacun à notre tour pour discuter avec lui de sa vie et de son entreprise. J'ai appris qu'il avait grandi dans une ferme à Russell et, quand je lui ai demandé comment un fils d'agriculteur pouvait finir par naviguer sur le fleuve Nelson, Clint s'est esclaffé et a raconté la première fois qu'il a décidé de mettre son embarcation à l'eau sur le fleuve. Il a continué à organiser des expéditions pour étudier les niveaux de l'eau, les marées et les caractéristiques géologiques. Je suis restée collée à mon siège (littéralement, car le trajet devenait un peu cahoteux et je m'accrochais assez fermement) pendant qu'il décrivait une excursion particulièrement éprouvante au cours de laquelle son bateau est tombé en panne dans la baie, deux ours polaires à proximité.

Panneau d'orientation au lieu historique national du Canada York Factory, guidant les visiteurs à travers les sentiers et les lieux historiques.
Deux personnes se détendent en bateau, les pieds en l'air, profitant d'un voyage de traite des fourrures pour se rendre à leur prochaine destination.

Si vous pensez qu'il faut aller à Churchill pour voir des ours polaires et des bélugas, détrompez-vous. Nous nous sommes tous penchés à la fenêtre lorsque Clint a aperçu le dos de bélugas qui se déplaçaient en groupe au loin, alors que nous entrions dans la baie d'Hudson. Il n'est pas rare de voir des ours polaires nager vers le rivage après la fonte des glaces, et encore moins de voir des phoques dans les eaux de la baie. Nous n'avons pas vu de phoques au cours de ce voyage, mais nous n'avons pas été déçus des animaux que nous avons pu observer et nous avons été émerveillés par le nombre d'aigles à tête blanche qui planaient au-dessus de nos têtes et se reposaient au sommet des arbres les plus hauts. C'est à ce moment que Clint nous a informés que nous nous trouvions dans moins d'un mètre d'eau. Il est absolument essentiel de bien choisir le moment dans ce type d'aventure, faute de quoi on finit par se faire prendre par la marée.

Ruines du bateau York sur le site historique de York Factory
Dan Harper
Pierre tombale historique à la mémoire de William Sinclair Esq. dans un cadre naturel et serein.
Dan Harper

Arrivée au lieu historique national York Factory

Après un trajet agréable et étonnamment sans encombre, nous sommes arrivés à l'attraction principale : l'historique York Factory. Cela me semblait surréaliste de voir un petit fragment de civilisation après avoir voyagé en pleine nature sauvage. Nous avons été accueillis par Parcs Canada et avons commencé notre exploration de l'un des pans les plus importants de l'histoire de la Compagnie de la Baie d'Husdon. York Factory était une colonie et un poste de traite pour la CBH, et alors qu'il était en exploitation depuis le XVIIIe siècle, ce n'est qu'en 1821 qu'il est devenu le siège officiel de la Compagnie. À son apogée, York Factory échangeait 40 000 castors fabriqués (une monnaie d'échange) par an.

Tout en nous promenant sur le terrain, nous avons observé de plus près une barge d'York (ce n'est pas un artéfact historique, mais plutôt une reproduction convaincante apportée sur place pour le tournage d'un film) et nous avons marché dans le cimetière, où la tombe la plus ancienne est celle de William Sinclair, un chef commerçant décédé en 1818. À côté du cimetière se trouve une poudrière délabrée que Parcs Canada prévoit de démanteler pour la ramener à une hauteur sûre.

Ce n'est qu'en entrant dans York Factory que le groupe a vraiment pu se faire une idée de ce qu'aurait pu être la vie des habitants de la colonie. Les fenêtres étaient extrêmement importantes dans le bâtiment, car les bougies et les lampes à huile avaient été interdites après que la Compagnie de la Baie d'Hudson eut subi trop de pertes dues aux incendies. Construit sur le pergélisol, le bâtiment n'était pas fixé au sol et pouvait se déplacer en fonction des changements de température. Des poteaux répartis sur l'ensemble de la structure pouvaient être ajustés en fonction de ces déplacements afin d'atténuer un peu la tension.

Le bâtiment a été conçu tel un miroir, avec deux dépôts d'entreposage de chaque côté qui auraient contenu exactement les mêmes fournitures pour des raisons de commodité. Nous avons visité l'ensemble du bâtiment, où sont exposés une multitude d'artéfacts, découverts sur le site ou échoués sur la plage, dont des bouilloires gigognes, des boulets de canon, des cloches pour chiens, des couteaux, des bols et toutes sortes d'objets qui auraient été essentiels à la vie dans le fort.

Après plusieurs heures passées à explorer les lieux, nous avons regagné le bateau à 15 h 30 pile, juste à temps pour traverser la baie d'Hudson avant que l'eau ne se retire à nouveau.

Vous voulez voir ce lieu historique de vos propres yeux? Réservez votre excursion auprès de Nelson River Adventures!

À propos de l'auteur

Salut! Je m'appelle Breanne, spécialiste du contenu éditorial à Voyage Manitoba. Je suis la première à sauter dans le lac et la dernière à arriver au bout du sentier riverain. J'adore les croissants, les chats et les chats en forme de croissants. Vous avez une idée d'article? Envoyez-moi un courriel à bsewards@travelmanitoba.com.

Spécialiste du contenu rédactionnel