Je m'appelle Wilfred Buck, bonjour à tous mes proches. Je suis originaire de la Nation crie d'Opaskwayak.
Enfant, j'ai grandi dans la forêt boréale du nord, près de la frontière entre la Saskatchewan et le Manitoba, au bord de la rivière Saskatchewan.
Les soirs d'hiver, à la tombée de la nuit, il nous arrivait parfois d'admirer un spectacle extraordinaire dans le ciel : il s'agissait bien sûr des aurores boréales. Quand nous étions enfants, on nous disait qu'il ne fallait pas siffler les aurores boréales la nuit. Si nous le faisions, on nous disait qu'elles viendraient nous chercher et nous emmèneraient loin d'ici. En langue crie, les aurores boréales s'appellent « Wāwātēwak ».
Quand il y a un ou deux filaments qui se déplacent dans le ciel et qu'ils le recouvrent entièrement, qu'ils virevoltent, on entend parfois des grésillements, et on peut même sentir l'odeur de l'ozone.
Nous les appelons « cîpayak nîmihitowak », ce qui signifie « les esprits dansent ».
Bien sûr, on a essayé de le faire, on a essayé de siffler les aurores boréales tout le temps. Mais je suppose que si on nous a dit ça, c’est parce que pendant les longs mois d’hiver, bien sûr, il faisait nuit pendant des heures et des heures d’affilée et il y avait très peu de lumière du jour.
Du coup, l'une des choses que nos parents et nos aînés ne voulaient pas qu'on fasse, c'était d'aller dans la brousse et de courir partout, surtout la nuit. Parce que la nuit, il y avait beaucoup d'animaux, des animaux affamés, car c'était l'hiver et il y avait très peu de nourriture.
Et ils avaient peur qu'un loup ou un autre animal nous enlève. C'était donc l'une des menaces qu'ils utilisaient pour nous faire rester près du village et de la communauté, afin que nous n'allions pas nous promener dans la brousse.
C'est donc « cîpayak nîmihitowak », ce qui signifie que les esprits dansent.
Voilà l'histoire des aurores boréales.
Miigwetch.
Vidéo utilisée avec autorisation.