Histoires winnipegoises

Posted juin 25, 2015 | Author Alexis McEwen

Qu’est-ce que les bisons, les oiseaux et une statue en or ont en commun? Ce sont les personnages principaux dans trois des histoires les plus populaires de Winnipeg. Ces histoires font partie de la collection d’expériences distinctives, qui recense les expériences touristiques les plus géniales qu’offre le Canada. Commençons notre histoire en remontant à une époque où les bisons sillonnaient le territoire :

Un héritage des Prairies

On estime à 30 millions le nombre de bisons dans les grandes plaines, et Kalyn, notre guide de FortWhyte Alive pour la journée, précise qu’il ne restait que 800 bisons à l’état sauvage au Canada en 1888. Aujourd’hui, FortWhyte Alive, ancienne usine de ciment transformée en oasis nature, héberge un troupeau de 35 bisons, que nous avons l’occasion d’approcher dans le cadre d’un safari avec les bisons.

Nous nous approchons lentement de l’enclos des bisons, et les énormes bêtes, les plus gros animaux terrestres de l’Amérique du Nord, ne semblent pas perturbées par notre intrusion. C’est une bonne chose, puisque Kalyn nous explique qu’un bison peut atteindre 70 km/h en trois foulées. En plus d’être rapides, les bisons sont également agiles, capables de faire volte-face en un seul mouvement. Apparemment, un bison peut en outre faire un saut de six pieds de hauteur. Vous imaginez? C’est dément!

Kalyn nous pointe le mâle alpha du troupeau, surnommé Chalkie. Il est facile à repérer puisque c’est de loin le plus gros. Il veille à la sécurité du troupeau, en plus d’avoir les droits exclusifs de reproduction; les 12 veaux nés l’an dernier et les six nés cette année, dont le premier est né à la fête des Mères, font tous partie de sa progéniture.

Nous découvrons l’importance des bisons pour les peuples autochtones lorsque nous pénétrons dans le tipi dans la même direction que le soleil traverse le ciel. Le bison était chassé pour sa chair, mais toutes les parties du bison avaient une utilité, des outils aux vêtements, en passant par les ustensiles.

La boîte et son contenu, y compris une corde, un gobelet, des bottes et une gourde, étaient tous composés de différentes parties du bison.

J’essaie de lancer un javelot traditionnel, appelé atl atl, qui était utilisé pendant la chasse pour guider les bisons vers un enclos. L’atl atl doit certainement nécessiter un talent, que je n’ai pas su développer en deux lancers.

Attention : Ce n’est pas moi sur la photo! Je n’avais pas l’air aussi coordonnée!

L’histoire avance ensuite jusqu’à l’arrivée des colons européens dans le cadre de notre visite de la maison en tourbe de FortWhyte Alive, une réplique du type de maison que les premiers colons construisaient pour survivre leurs premières années dans les Prairies. On imagine difficilement la vie dans cette petite maison sombre (faite en terre!) pour ces gens qui essayaient de se créer une nouvelle vie en territoire inconnu.

Néanmoins, ce territoire inconnu était fécond, comme les Premières Nations le savaient déjà. Kalyn souligne que le saule contient de l’acide acétylsalicylique, aussi appelée aspirine, le tremble renferme un écran solaire naturel et le cynorhodon contient de la vitamine C. On peut également en faire un thé délicieux, comme on peut le constater lorsque Kalyn nous concocte une infusion de « thé sauvage » avec du cynorhodon, de l’hysope et de la menthe sauvage.

Accompagné du bannock que nous faisons cuire sur le feu, c’est une conclusion parfaite à cette histoire.

Épilogue : Mention spéciale au délicieux burger au bison du Buffalo Stone Café et aux chiens de prairie de FortWhyte Alive!

Un oiseau dans la main

L’histoire des colons se poursuit, à mesure qu’un nombre croissant d’entre eux arrivent au pays, à la recherche d’une nouvelle vie à Winnipeg. Pour offrir à ces colons la vie qu’ils recherchent, des centaines de kilomètres de terres humides ont été asséchées. On se transporte ensuite en 1970, moment où le marais Oak Hammock est régénéré et tous ses personnages colorés – oiseaux, oies, canards et autres espèces – sont à l’avant-scène.

Aujourd’hui, le marais Oak Hammock abrite plus de 300 espèces différentes d’oiseaux (c’est la moitié de la totalité des espèces d’oiseaux au Canada!), et son programme de baguage d’oiseaux aide à maintenir les populations d’oiseaux à des niveaux sains. Je me joins donc à Paula la bagueuse d’oiseaux et à mon guide Jacques pour examiner de plus près la procédure de baguage et y participer. Il faut faire preuve de douceur pour recueillir les données (âge, sexe, longueur des ailes, poids) utilisées dans le cadre du Programme nord-américain de baguage des oiseaux auprès de cette hirondelle bicolore. Paula recueille les données, puis place une bague en métal portant un numéro d’identification autour de sa patte.

Le moment est maintenant venu de libérer l’oiseau, et c’est l’instant que j’attendais. Elle place délicatement l’oiseau dans ma main. J’ouvre les mains et, en un éclair, l’oiseau est parti! Vole, petit oiseau, vole!

Ensuite, une paruline jaune est dégagée du filet qui sert à attraper des oiseaux pour le baguage.

Ô surprise! Ce petit garçon (c’est bien un mâle, confirme Paula) a déjà une bague. Seulement 1 % des oiseaux ont été rebagués.

Après l’enregistrement de ses données, je me retrouve encore une fois avec un oiseau chanteur sauvage dans les mains, prêt à reprendre son envol. Il est chaud et tout doux, mais plein de vigueur et d’énergie.

C’est le moment de poursuivre l’histoire du marais, et pour ce faire, Jacques et moi grimpons dans un canot de voyageurs. Pendant que nous ramons, il me raconte l’histoire du marais, qui était jadis une source d’eau au tout début de la ville de Winnipeg, ainsi qu’un terrain d’entraînement pour les bombardiers de la Seconde Guerre mondiale.

Il me parle aussi des plantes et des animaux qui vivent dans le marais. Par exemple, une guifette noire nous a fait savoir que nous nous approchions un peu trop de son nid.

Pendant le parcours, Jacques identifie les chants des oiseaux, qu’il imite à la perfection. Ensuite, sans crier gare, il cueille une quenouille du marais, épluche les feuilles extérieures, coupe la base de la tige et me propose d’y goûter.

La texture est croustillante et la saveur est douce – un mélange de melon d’eau, de concombre et de céleri. Assurez-vous de lui demander quelles autres parties de la quenouille sont comestibles; sa réponse pourrait vous surprendre!

Ce ne sont pas que les humains qui peuvent trouver de quoi se nourrir dans le marais – les oiseaux y nichent pendant leur migration en raison de l’abondance de nourriture. Jacques explique le mystère de la migration, qui est une bonne introduction pour continuer la thématique du mystère dans la troisième et dernière histoire, qui se déroule dans la ville champignon de Winnipeg dans les années 1910.

Le code hermétique

Lorsque Frank Worthington Simon a gagné le concours d’architecture pour construire le palais législatif manitobain en 1911, Winnipeg, centre commercial prospère, était à son apogée.

L’édifice gouvernemental au dôme coiffé d’une statue dorée visait à faire étalage du prestige de la ville, mais Simon avait aussi ses propres idées. Le résultat donne une des histoires les plus fascinantes de Winnipeg.

La statue dorée, ce sphinx et cette statue représentant l’eau sont des indices pour dévoiler les secrets de l’édifice.

L’intrigue de cette odyssée architecturale regorge de mystère ésotérique, de secrets anciens et d’histoires d’extorsion, et décrit un historien passionné qui se promène furtivement, en pyjama, sur le terrain du palais législatif à quatre heures du matin, déterminé à élucider le mystère.

Je pourrais écrire un livre sur tous les secrets cachés bien en vue au palais législatif manitobain, mais ce n’est pas nécessaire, puisque Frank Albo, le protagoniste de cette histoire et le guide touristique de la soirée, l’a déjà fait. The Hermetic Code est le nom du livre et de la visite guidée incroyablement fascinante offerte par Heartland International Travel and Tours.

Frank raconte une histoire de détective fantastique qui met en vedette des hiéroglyphes, de l’alchimie, des rites maçonniques, des sacrifices d’animaux et même le Saint des Saints. À mesure que Frank nous emmène dans cette histoire énigmatique pour dévoiler les secrets de l’édifice, il nous lance un avertissement : « Ne croyez pas un mot que j’ai dit, à moins que je puisse le prouver. »

Armé de ses connaissances en langues anciennes, Frank nous montre comment il a élucidé les codes de l’édifice et nous quitte sur un dernier exemple des pouvoirs mystérieux de l’édifice, qui donne la chair de poule. Je ne veux pas gâcher la fin; il faut le voir – et l’entendre – pour le croire.

About The Author

I'm Alexis, Communications Manager for Travel Manitoba. I write about all kinds of awesome things that happen in Manitoba. And when I'm not writing about awesome things, I do my best to get out and experience them with my husband and two young sons.

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